Le 13e mois : qui y a droit et comment il est calculé en 2026

Publie le 29 juillet 2026 · 8 min de lecture · Par la redaction

Deux offres d'emploi affichent le même salaire mensuel, mais l'une mentionne un 13e mois et pas l'autre. Sur le papier, l'écart annuel peut dépasser un mois de salaire complet. Pourtant, contrairement à une idée répandue, le 13e mois n'est pas un droit automatique pour tous les salariés français. Voici qui y a droit, comment il se calcule, et comment le compter correctement quand on compare deux propositions.

Le 13e mois n'est pas prévu par la loi

Premier point à clarifier : aucune disposition du Code du travail n'oblige un employeur à verser un 13e mois. Ce n'est donc pas un droit universel comme le sont les congés payés ou le SMIC. Le 13e mois trouve son origine dans l'une de ces trois sources :

  • Une convention collective de branche, qui l'impose à toutes les entreprises du secteur concerné.
  • Un accord d'entreprise négocié en interne, souvent lors des négociations annuelles obligatoires (NAO).
  • Un usage : si une entreprise verse un 13e mois de façon constante, générale et fixe pendant plusieurs années, cet usage devient une obligation implicite qu'elle ne peut plus supprimer unilatéralement.

Sans l'une de ces trois bases, un employeur peut légalement ne jamais verser de 13e mois, même si le poste, le secteur ou la région semblent le suggérer.

Quels secteurs versent traditionnellement un 13e mois

La pratique varie fortement d'un secteur à l'autre. Certaines branches l'ont inscrit de longue date dans leur convention collective, d'autres non.

SecteurFréquence du 13e mois
Banque, assuranceTrès répandu, souvent conventionnel
Métallurgie, industrieFréquent selon les accords de branche
Grande distributionFréquent, parfois sous condition d'ancienneté
Syntec (conseil, informatique, ingénierie)Variable, dépend surtout de l'entreprise
Commerce de détail, artisanatPeu répandu, dépend de l'entreprise
Fonction publiqueAbsent en règle générale (autres primes existent)

Dans l'ensemble, les études disponibles suggèrent qu'environ un salarié sur deux en France perçoit un 13e mois ou une gratification annuelle équivalente, mais ce chiffre varie beaucoup selon les sources et les années. Mieux vaut toujours vérifier la convention collective applicable ou poser la question directement lors d'un entretien.

Comment le 13e mois est calculé

Quand il existe, le 13e mois correspond en général à un mois de salaire brut de base, hors primes variables et heures supplémentaires. Mais les modalités précises dépendent de l'accord ou de l'usage qui l'instaure :

  • Versement en une fois, généralement en décembre, ou en deux fois (une partie en juin, le solde en décembre).
  • Condition d'ancienneté : certains accords exigent 6 mois ou 1 an de présence avant d'y avoir droit.
  • Calcul au prorata pour un salarié entré ou parti en cours d'année : quelqu'un embauché en juillet touchera généralement une demi-part de 13e mois pour sa première année.
  • Impact des absences : selon les accords, certains arrêts maladie ou congés non payés peuvent réduire le montant, mais ce n'est pas systématique.

Pour comparer deux offres correctement, la méthode la plus simple est de ramener le salaire annuel total à un équivalent mensuel : (salaire mensuel x 12 mois) + 13e mois, le tout divisé par 12. Un poste à 2 500 € brut/mois sur 13 mois équivaut donc à environ 2 708 € brut/mois en moyenne lissée sur l'année, soit un écart de plus de 200 € par mois avec un poste identique sans 13e mois.

13e mois ou salaire de base plus élevé : lequel choisir

Face à deux offres équivalentes en salaire annuel, l'une avec 13e mois et un salaire de base plus faible, l'autre sans 13e mois mais un salaire mensuel plus élevé, la différence n'est pas neutre :

  • Un salaire de base plus élevé sert de référence pour le calcul des indemnités de licenciement, du calcul de la retraite, et de nombreuses cotisations. Il est structurellement plus avantageux à long terme.
  • Le 13e mois a l'avantage psychologique et pratique de constituer une somme importante versée d'un coup, souvent utile en fin d'année. Mais certains accords le suppriment ou le modifient plus facilement qu'une augmentation de salaire de base, surtout s'il ne repose que sur un usage.

Pour aller plus loin sur la différence entre les différents niveaux de rémunération, notre article sur le calcul du brut au net détaille les étapes qui séparent le salaire affiché du montant réellement perçu.

Le 13e mois est-il imposable

Oui, sans exception. Le 13e mois est soumis aux mêmes cotisations sociales et au même prélèvement à la source que le salaire habituel. Il n'existe aucun régime fiscal particulier pour cette gratification annuelle, contrairement à certaines primes ponctuelles (comme la prime de partage de la valeur) qui peuvent bénéficier d'exonérations sous conditions. Pour simuler l'impact réel sur votre revenu net, le calculateur salaire net et impôts permet d'estimer rapidement ce qui reste après cotisations et impôt sur le revenu.

Comment vérifier si vous y avez droit

Trois réflexes simples avant de signer un contrat ou de réclamer un 13e mois :

  • Consulter la convention collective applicable à l'entreprise, indiquée sur le bulletin de paie ou le contrat de travail.
  • Demander directement en entretien si le poste inclut un 13e mois, et sous quelles conditions (ancienneté, prorata, versement).
  • Comparer les fiches métiers du site pour situer le niveau de salaire de base attendu dans votre secteur, avant de raisonner sur les primes additionnelles.

Nos fiches détaillées par métier, comme celle du plombier chauffagiste, ainsi que l'annuaire complet des métiers référencés, donnent une base de comparaison utile. Vous pouvez aussi croiser ces données avec le niveau de vie local via notre annuaire des salaires par ville, puisque le 13e mois pèse différemment selon le coût de la vie régional.

En résumé

Le 13e mois reste un avantage réel mais non universel : il dépend entièrement de la convention collective, de l'accord d'entreprise ou de l'usage en vigueur. Avant de comparer deux salaires ou de négocier une embauche, il est indispensable de ramener chaque proposition à un montant annuel total, puis de le diviser par 12, plutôt que de comparer uniquement les salaires mensuels de base affichés.

Estimez votre situation : utilisez notre calculateur salaire net / brut / impot ou explorez les salaires par metier.

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